dimanche 29 mai 2016

DISCOURS DU PRESIDENT DU SSE-Guinée / 28 Avril 2016



A l’occasion de la célébration de la JOURNÉE MONDIALE DE LA SÉCURITÉ ET DE LA SANTÉ AU TRAVAIL, LE 28 AVRIL 2016 portant sur le thème: STRESS AU TRAVAIL : UN DÉFI COLLECTIF, notre ONG, SSE-GUINEE vous présente son discours qui a pour objectif d’attirer l’attention de chacun sur les causes, les effets et la prévention du stress au travail.


Le travail est fondamental pour la santé humaine, à tel point que
les gens préférèrent de mauvaises conditions de travail au chômage. Il procure des ressources financières mais contribue aussi à des fonctions psychologiques de base comme une structure temporelle, des contacts sociaux et une identité personnelle.

Selon les estimations de l’Organisation Internationale du Travail (OIT),
dans le monde toutes les 3mn quelque part un travailleur meurt d’accident du travail et chaque seconde au moins quatre sont blessés. On enregistre chaque année dans le monde 250 millions d’accidents du travail dont 335.000 sont mortels et 160 millions de cas de maladies professionnelles.

La célébration de la journée mondiale de la sécurité et de la santé doit contribuer à prévenir des accidents et des maladies professionnelles liées au travail. Les pouvoirs publics, les organisations d’employeurs et les travailleurs doivent mettre en commun leurs efforts pour lutter contre ce mal.


Le droit de jouir du meilleur état de santé possible est un principe universel. Une personne dont la santé au travail n’est pas protégée ne peut contribuer à la société ni parvenir au bien-être. Lorsque la santé au travail est menacée, l’emploi productif et le développement socio-économique sont compromis. Le fardeau des troubles mentaux pèse considérablement sur le monde du travail. Il a des répercussions importantes sur le bien-être des personnes, réduit les possibilités d’emploi, les salaires, le revenu des familles et la productivité des entreprises, et induit des coûts.

L’étude du stress dans le monde du travail suscite un intérêt croissant depuis les années 1990, en particulier celle de l’impact du stress lié au travail sur la santé des travailleurs et de sa gestion. Le stress peut trouver ses origines au travail, à la maison, dans l’environnement social ou au sein de la communauté. Une ou plusieurs sources de stress peuvent coexister.




Parlons le stress

Parmi certains groupes scientifiques, le stress a des connotations à la fois négatives et positives. Dans le contexte de notre communication, le stress sera uniquement considéré comme ayant un impact négatif et la question du stress sera traitée dans le cadre du lieu de travail. Le stress n’est pas une altération de la santé mais le premier signe d’une réponse physique et émotionnelle nocive. Le stress est une réaction indésirable suite à une pression excessive. Le stress peut provoquer les effets psychologiques, physiques et comportementaux divers et entrainer de sérieux problèmes de santé s’il se prolonge.
Le stress peut être provoqué par des demandes déraisonnables; un manque d’encadrement; un manque d’assistance; de mauvaise relation de travail; une fonction mal définie et des changements. 


La pression fait partie intégrante du travail, qu’il s’agisse d’un délai à respecter absolument ou d’un rythme de production qui doit être maintenu. Dans de nombreux cas, une personne peut se retrouver incapable de gérer la pression subie. Cela entraine de l’anxiété, qui ensuite crée une réaction négative plutôt qu’une réaction positive. Si la pression est de courte durée, alors il n’y aura que peu de conséquences pour la personne. Mais si la pression continue ou augmente, les symptômes relativement mineurs du stress peuvent s’accroitre pour se transformer en maladie psychologique et en pathologie physique.

Parlons les causes du stress

Nous pouvons considérer que les causes de stress survenant sur le lieu de travail appartiennent à des domaines distincts :

Des contraintes excessives imposées par le poste en termes de charge de travail, de vitesse de travail ou de délais, ainsi que celles imposées par les horaires de travail (durée excessive) et les rythmes de travail (par exemple la modification des rotations de postes). Il faut également prendre en compte la nature du travail. Certains emplois sont intrinsèques et difficiles et d’autres exposent les travailleurs à des situations émotionnelles lourdes.

Il peut y avoir une carence en matière de contrôle de travail, particulièrement lors que le travail est exigeant. Cela comprend le contrôle de la nature du travail à effectuer, des priorités impliquées et même de choses simples comme le contrôle de l’environnement de travail (niveau d’éclairage, la température, le bruit, etc.).

Le manque de soutien en termes d’information, d’instruction et de formation pour faire le travail, ainsi que le fait de n’avoir personne vers qui se tourner lorsque la pression augmente.

De mauvaises relations sur le lieu de travail, en particulier de l’intimidation et du harcèlement (qu’ils soient imputables aux cadres, aux collègues ou aux subordonnés).

Le manque de clarté sur le rôle d’un employé, ses responsabilités et l’autorité dont il dispose, et sur la manière dont il s’intègre dans la structure organisationnelle au sens plus large.

Le changement et le processus de changement lui-même, que ce soit un changement qui affecte juste un travail (par ex. une rétrogradation, une affectation, etc..) ou à l’ensemble de l’organisme (par ex. un rachat). Le changement peut générer beaucoup d’anxiété et d’insécurité.

Certains facteurs sans lien avec le travail sont également une cause très importante de stress. Au cours de leurs vies, les individus traversent de nombreuses périodes difficiles (par ex. un deuil, une séparation, un parent malade, etc…) qui n’ont rien à voir avec leur travail. De plus, certains individus sont prédisposés à l’anxiété et aux effets négatifs de la pression. Bien que ces facteurs ne soient pas liés au travail mais, ces effets se ressentent sur le lieu de travail et doivent être pris en considération.

Parlons des effets du stress

Le stress a de nombreux effets, dont certains vont dépendre de l’individu concerné. Ces effets peuvent être classés en :
Effets psychologiques – anxiété, faible estime de soi, dépression. Effets physiques – sueur, pouls rapide, hypertension artérielle, démangeaisons, tension musculaire, maux de tête, vertiges. Effets comportementaux – insomnie, incapacité à se concentrer, faible capacité de prises de décision, changement d’humeur, irritabilité, augmentation de la consommation d’alcool, abus de drogues, augmentation de l’absentéisme de travail.

Si le stress est prolongé et incessant, ces effets peuvent entrainer un effondrement physique et mental complet de l’individu. Les conséquences pour l’individu concerné peuvent être extrêmes. Comme la perte d’emploi, le divorce, l’alcoolisme, la dépendance aux drogues, etc.

Les conséquences pour l’employeur comprennent une augmentation de l’absentéisme, une dégradation des relations, des conflits et une hausse de renouvellement de personnel, ainsi que l’éventualité d’action en justice.

Parlons de la prévention du stress

Bien qu’il ne soit pas habituellement possible d’éliminer la pression sur le lieu de travail, les stratégies de préventions doivent se concentrer sur la mise en place d’un cadre de gestion élémentaire pour prendre en compte les causes du stress.

Il n’y a pas que les travailleurs qui peuvent être stressés, les cadres le sont aussi de par le non-respect fréquent des règles établies (bien qu’expliquées), ce qui engendre forcément des tensions donc du stress. Le respect des normes de travail doit être mis en exergue.

Les exigences en termes de charge de travail, de vitesse de travail et de délais… doivent être raisonnables et si possible être définies en consultant les travailleurs. Les horaires de travail et le mode de travail doivent être soigneusement choisis en se référent aux préférences des travailleurs et aux directives. La flexibilité du travail doit être permise lorsque cela est possible.

La nature de la tâche est également à prendre en compte et les travailleurs doivent être sélectionnés en fonction de leurs compétences, de leurs aptitudes et de leurs capacités à gérer un travail difficile ou émotionnellement exigeant. Des dispositions doivent être prises en compte pour permettre aux travailleurs de récupérer après des situations de fort stress sans crainte d’être sanctionnés.

Les travailleurs doivent avoir le plus de contrôle possible sur leur lieu de travail, particulièrement lorsque le travail est exigeant, c'est-à-dire qu’ils sont encouragés (lorsque c’est possible) à prendre le contrôle de la nature du travail; de la définition des priorités et de l’environnement de travail.

Les salariés doivent se voir proposer des informations, des instructions et des formations appropriées; ils doivent avoir accès à un soutien supplémentaire lorsqu’ils en ont besoin.

Il doit exister des politiques claires concernant les normes comportementales acceptables sur le lieu de travail ; l’intimidation et le harcèlement ne doivent pas être tolérés.

L’organisme doit être clair sur le rôle réel de l’individu, ses responsabilités et son autorité, ainsi que sur la manière dont il s’intègre dans la structure organisationnelle au sens plus large. C’est quelque chose qui doit être clairement communiqué aux salariés et aux autres personnes au sein de l’ensemble de l’organisme.

Il doit exister une planification soigneuse et une préparation du processus de changement. Les raisons du changement doivent être clairement expliquées et les salariés être consultés lorsque cela est possible. Dans certaines situations, il est mieux d’accomplir le changement progressivement pour permettre aux salaries de s’adapter; dans d’autres, il est préférable de le mettre en place rapidement pour réduire au maximum l’impact de l’incertitude.

De nombreux employeurs proposent un service de conseil confidentiel à leurs employés ce qui peut se faire à l’interne par des employés formés ou qui peut externaliser. Ce service peut être utile pour aider les employés à gérer des questions liés ou non au travail.

Du point de vue de l’OIT, la protection de la santé mentale au travail a plus d’impact si elle se concentre sur des stratégies préventives. La santé au travail et les mesures de promotion de la santé sur le lieu de travail peuvent contribuer à améliorer la santé mentale et le bien-être des travailleuses et des travailleurs et réduire le risque de troubles mentaux.

Prévenir les maladies professionnelles est plus efficace et plus rentable que mettre en place des traitements et des réadaptations.

L’approche collective pour prévenir et contrôler les causes du stress liées au travail permet de créer un environnement de travail sûr et sain, protéger la santé et le bien-être des travailleurs et accroître la productivité. Elle permet aussi d’instaurer une culture de prévention positive et constructive dans l’organisation du travail.

Les entreprises ne devraient pas seulement chercher une réponse individuelle au problème mais favoriser une approche collective pour prévenir le stress lié au travail et promouvoir la santé mentale au travail.

Le meilleur moyen de combattre le stress au travail consiste à déployer des stratégies de lutte contre les dangers psychosociaux à l’origine de ce phénomène dans les conditions de travail, le milieu de travail, la culture organisationnelle et les relations de travail.
L’évaluation des critères de performances au travail et des problèmes personnels imputables au stress sera systématique et les travailleurs seront invités à exprimer leurs préoccupations concernant toute situation susceptible de causer du stress au travail.

La participation des travailleurs à ce processus est cruciale. Ceux-ci et leurs représentants doivent être associés à l’identification des risques psychosociaux qui, selon eux, causent un stress au travail, puis pour établir des priorités d’intervention.

L’expérience de l’OIT montre que la réussite d’une organisation repose sur ses travailleurs et sa culture.

La prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, la promotion d’une vie professionnelle saine et l’instauration d’une culture de prévention sont une responsabilité partagée des gouvernements, des employeurs, des travailleurs, des professionnels de santé et de la société dans son ensemble.

Vive le travail et les travailleurs dans un milieu sans stress

Vive la coopération AMA-GUINEE et SSE-GUINEE
Vive les partenaires d’AMA-GUINEE et les partenaires de la SSE-GUINEE

Vive la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail

Je vous remercie

Mr Diallo Abdoulaye 2

Conakry le 28 avril 2016
La SSE-GUINEE

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